La Space Force mise sur un porte-avions spatial

La Space Force mise sur un porte-avions spatial

Concept artistique du transporteur orbital Gravitics

La Space Force américaine a obtenu un contrat pouvant atteindre 60 millions de dollars pour développer et déployer un type de porte-avions spatial. Bien que cela puisse sembler inhabituel, l’objectif est de positionner des véhicules spatiaux en orbite afin de répondre rapidement aux menaces potentielles.

L’espace, autrefois perçu comme une zone pacifique, devient le champ de bataille du futur.

Autrefois, l’espace était largement perçu comme une zone pacifique, épargnée par les conflits, même durant la Guerre froide et la course à l’espace. À cette époque, les discussions sur les armes spatiales restaient majoritairement théoriques, à l’exception de quelques cas particuliers, comme l’installation secrète par l’URSS d’un canon embarqué sur la station Saliout 3 en 1973 pour dissuader les missions américaines.

Aujourd’hui, la situation a radicalement changé. La Russie et la Chine développent activement des armes capables de neutraliser ou de détruire les satellites occidentaux. Ces armes incluent des brouilleurs radio, des lasers, des micro-ondes, des bras robotiques, des pulvérisateurs chimiques, des missiles cinétiques et même des ogives nucléaires conçues pour anéantir des constellations entières de satellites.

L’usage de ces armes représente un cauchemar stratégique, car la guerre spatiale implique des enjeux bien plus élevés que les combats terrestres. Même le simple canon soviétique a démontré la complexité du combat spatial : en cas de tir manqué, le projectile continuerait à orbiter autour de la Terre et pourrait revenir frapper la station elle-même.

Le porte-avions orbital est une alternative à d’autres plateformes, comme l’avion spatial illustré ici.
USSF

Cette distinction est essentielle, car les satellites ne disparaissent pas comme un avion abattu ou un navire coulé. Ils restent en orbite, soit sous forme de débris dangereux, soit en tant qu’objets endommagés contenant des matériaux volatils, pouvant provoquer des collisions catastrophiques et entraîner encore plus de destruction que prévu.

Stratégie de la Space Force : dissuasion et atténuation

Pour contrer cette menace, la Space Force et les forces de défense occidentales misent sur la dissuasion et l’atténuation. Leur objectif est de rendre toute attaque spatiale inutile en la prévenant, en réduisant son impact ou en restaurant rapidement les capacités essentielles pour priver l’ennemi de tout avantage.

Pour cela, la Space Force doit disposer en permanence de vaisseaux fiables et manœuvrables en orbite. Plutôt que d’utiliser des satellites individuels, ces véhicules seront stockés dans un vaisseau-mère central, prêt à les déployer en cas de besoin. Ce concept rappelle les vaisseaux fictifs de Battlestar Galactica ou Babylon 5, mais avec une application bien réelle.

C’est dans ce cadre que le programme STRATFI (Strategic Funding Increase) de SpaceWERX a accordé un financement à Gravitics, une entreprise spécialisée dans les structures spatiales de grande taille, comme les avant-postes et cargos orbitaux, et désormais le porte-avions orbital.

Selon Gravitics, ce nouveau vaisseau offrira à la Space Force une capacité de réponse rapide et adaptable face aux menaces émergentes. Il permettra aussi aux États-Unis et à leurs alliés de maintenir leur domination spatiale, à l’image des porte-avions de l’OTAN qui assurent le contrôle des océans.

Une démonstration du porte-avions orbital pourrait avoir lieu dès l’an prochain.

Le PDG de Gravitics souligne l’importance du porte-avions orbital

« Nous sommes ravis de collaborer avec la U.S. Space Force sur ce projet essentiel », a déclaré Colin Doughan, PDG de Gravitics. « Le porte-avions orbital est une solution révolutionnaire, offrant une plateforme de lancement prépositionnée dans l’espace. Il supprime les contraintes des lancements traditionnels et permet aux opérateurs de choisir rapidement les orbites de déploiement selon les besoins. »


Lisez l’article original sur :  New Atlas

En savoir plus : Scitke

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